Evelyne Boulanger | Parfumeur


Interview d'Eléonore de Bonneval | Photo DR

Parfumeur chez Symrise, créatrice notamment d’Oud Royal d’Armani Privé, de White Musc for Men de Body Shop ou bien encore de Blue Encens de Comme des Garçons, Evelyne nous parle de son processus créatif, sa passion pour les odeurs et de ses plus belles évocations olfactives.

Pourquoi avez-vous voulu être parfumeur ?

J’ai toujours été attirée par les odeurs, les parfums. J’adore la nature et les plantes. Mon rêve était de faire des études de botanique. Alors que je suivais un cursus de chimie à Rouen, j’ai vu une affiche sur l’ISIPCA (Institut Supérieur International de Parfums, Cosmétiques et Arômes alimentaires). Je me suis dit, voilà c’est ce que je veux faire. Selon ma mère, petite je sentais tout. Tout le temps.

Quelles sont les facultés à avoir ?

Pour être parfumeur, il faut un don, mais surtout de la passion et de la pugnacité. Tout est source à création de voyages olfactifs. Une fois, je suis allée au restaurant indien et suis sortie en me disant: ” hum ça sent super bon “, je vais créer quelque chose à partir de cela et je l’ai traduit en Jasmin Indien.

Quelle est la partie du processus créatif que vous préférez ?

Partir d’une feuille blanche. Un jour, j’ai réfléchi à ce que j’aimerais que mon homme sente quand je l’embrasse dans le cou. Je souhaitais un musc, une poudre, j’ai commencé à développer des notes. Des collègues un peu curieuses sont venues sentir, l’une d’entre elles l’a présenté à Body Shop qui recherchait un musc pour Homme et c’est devenu White Musc pour Homme. Je réponds à des demandes mais ce qui est sûr c’est que je passe mon temps à jouer - il ne faut pas le dire à mon boss - mais je joue avec les matières, avec les odeurs.

Quel est votre plus beau voyage olfactif ?

Toutes les odeurs sont prétextes à voyage. Je suis normande donc le bord de mer est vital pour moi, j’ai besoin du vent, d’iode, c’est vraiment l’histoire de la madeleine de Proust. L’odeur du gazon c’est ma maison en Normandie. C’est source de sérénité pour moi. Les odeurs m’offrent la faculté de pouvoir partir ailleurs, de m’évader.

Pourriez-vous concevoir un monde sans odeurs ?

Ça serait horrible, ça fait partie de notre culture, un monde aseptisé, sans odeurs, ça serait triste. Les odeurs c’est la vie.

Interview dans le cadre de l’exposition : Anosmie, vivre sans odorat au CHU de Bordeaux du 10 avril au 18 juillet 2014

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